Présentation

L’interférence désigne la rencontre de phénomènes qui interagissent pour se modifier, se renforcer ou se contrarier. C’est sur le mode de l’interférence que les discours, images et pratiques d’une société entrent en interaction pour former ce que l’on appelle « la culture ». En effet, si les productions culturelles se définissent par elles-mêmes et déterminent leurs propres lois, elles sont aussi le produit de représentations issues d’autres domaines de la vie sociale. En ce sens, si la littérature s’est autonomisée en tant qu’institution par la reconnaissance du statut et des fonctions spécifiques de ses productions, une telle autonomie est nécessairement relative.

Le projet d'Interférences littéraires - Literaire interferenties consiste à rendre compte des interférences en fonction desquelles, au cours de son histoire, la littérature s’est constituée par interaction avec d’autres discours, formes culturelles et pratiques sociales. Il s’agit concrètement d’étudier les modèles que les textes littéraires empruntent à d’autres domaines discursifs, pragmatiques et imaginaires et, réciproquement, d’observer les représentations et usages de la littérature qui apparaissent dans d’autres formes de discours et secteurs de l’activité socio-culturelle. Cela revient à questionner les identités et les fonctionnalités multiples que la littérature a revêtues au cours de son histoire, et aussi selon les types de sociétés au sein desquelles elle s’est développée.

Pour réaliser ce programme, Interférences littéraires - Literaire interferenties publie, à raison de deux livraisons par an, dans six langues différentes (allemand, anglais, espagnol, français, italien, néerlandais), des dossiers thématiques et des articles sur les interférences en fonction desquelles le discours littéraire s’est formé et transformé. L’aire historique couverte correspond à la modernité entendue au sens large (du XVIe siècle à nos jours). C’est au XVIIIe siècle en effet que l’idée moderne de littérature – et notamment le terme même de littérature – se sont constitués comme tels. Le choix de couvrir plus de cinq siècles repose sur la nécessité d’envisager le fait littéraire dans la longue durée ; il offre la possibilité d’opérer le cadrage historique en fonction de sa pertinence pour chaque problématique abordée.

Entreprise dans cette perspective, l’étude de la littérature requiert des approches nécessairement décentrées, en mesure de faire droit à la complexité de son modus vivendi. La vocation transdisciplinaire de la revue découle ainsi de la façon dont la littérature se constitue, s’éprouve et se transforme. Une telle approche suppose qu’aucun privilège ne soit accordé a priori à certaines méthodes, mais que ce soient les sujets abordés qui déterminent l’adoption des outils susceptibles d’en rendre compte de manière optimale.

Depuis le cinquième numéro (novembre 2010), chaque livraison comprend une rubrique de Varia ; certains de ces articles ont vocation à développer des aspects abordés dans des dossiers thématiques précédents, d’autres visent à poser les bases de futurs dossiers. Depuis le sixième numéro (mai 2011), la revue présente un entretien inédit avec un ou plusieurs chercheurs concernant un concept ou une problématique qui fait l’actualité de la recherche en littérature.